Perdita En La Arbaro

Un parfum mortel d’après-bataille rodait. La nature et les humains ont péri durant les combats.

Arpenter ces champs perdus ne pouvait être qu’irréel.

Les béligérants savaient bien qui ils avaient en face d’eux.

 

Lupo avait une sale gueule et boîtait suite à un coup d’estoc pas si mal placé dans la jambe droite.
Il avait combattu et il avait tué. On lui avait dit que sa famille serait à l’abri après ça.

Il avait fui le combat et cherchait le premier ru pour s’y éffondrer.


Féo, blessé à la hanche et le sang coulant de son oreille, était en colère.

Il comprit, en les voyant de près, que les Lupo étaient de pauvres pères de famille à qui

un énième fou contait diableries et balivernes pour couvrir son larçin.


À eux aussi.


Au détour d’un chemin, la rencontre survint. Encore.

La raison ne manquait à aucun des deux mais l’instinct en décida autrement.

Après un long moment, à entrechoquer les armes, à meurtrir encore un peu plus le vivant,

les muscles lâchèrent et, dans de lourds soupirs trahissant une peur de ne plus pouvoir tenir,

l’instinct laissa de nouveau place à la raison.


S’éloigner semblait, finalement, plus raisonnable que s’étriper encore si proche de ce théâtre de mort.

L’orée du bois était proche et la camaraderie rendait le pas plus sûr.


À la fin d’une aventure, les chemins se séparent toujours.


Ces histoires doivent être contées, au risque d’apprendre à se haïr à nouveau.

 

 

1. BATALO

bataille


2. FALLIS DE SUPRE
tombé de haut


3. LUPO
loup


4. FEO
fée


5. PERDITA EN LA ARBARO
perdu dans les bois


6. PRETEKSTO
armistice